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Fév

Produire des « vins sans indication géographique » (VSIG) ? C’est possible !

Bientôt des « vins sans indications géographiques » (VSIG) sur le marché français ! D’après une nouvelle réglementation européenne, il est désormais possible de cultiver des vignes sur tout le territoire national, sans être obligé d’indiquer la région ou le nom de domaine de production.

 

L’esprit de la réforme

Selon le Ministère de l’Agriculture, cette nouvelle réglementation permet la délivrance d’autorisations de culture pour tous les types de cépages, partout en France.

Depuis plusieurs décennies, les autorisations de plantation de vin étaient régies par un droit du sol jugé trop rigide par certains professionnels, essentiels pour d’autres.

Chaque parcelle devait appartenir à une appellation d’origine contrôlée et être cultivée de manière conforme aux lois régissant l’appellation. Mais avec cette nouvelle disposition, entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2016, la culture du vin ne devrait plus se limiter aux seuls terroirs reconnus jusque-là. Autrement dit, il sera possible de planter des vignes hors terroir reconnu, sans devoir répondre à un cahier des charges précis puisque l’étiquette mentionnera VSIG.

L’objectif de cette réglementation est de libéraliser la viticulture dans tous les pays membres de l’Union européenne. Ce qui devrait permettre aux vignerons d’augmenter leur surface viticole et de planter de nouvelles parcelles de vin. Au total, plus de 8 000 hectares de vignoble vont voir le jour dans les prochaines années.

 

Créer de nouvelles saveurs

Pour certains professionnels, cette mesure est la bienvenue puisqu’elle offre la possibilité de créer de nouveaux produits. Selon Serge Tintanet, président de l’Anivin (Association nationale interprofessionnelle des vins de France) :

C’est une véritable opportunité, car nous allons pouvoir créer de nouveaux produits, en assemblant de nouveaux cépages pour répondre à une nouvelle demande à l’export.

En effet, la limitation des zones de production et le contrôle des cépages empêchent de développer certains bouquets, que nous pouvons retrouver dans les vins espagnols ou italiens, par exemple. Cette extension viticole permettra alors d’aller conquérir des parts de marché réservées jusqu’ici aux vins étrangers.

Une mesure qui divise les professionnels du vin

Il faut dire que la nouvelle réglementation n’est pas du goût de tout le monde. Les partisans de la libéralisation pensent qu’elle facilitera l’importation des vins français et une meilleure concurrence. En effet, selon certains spécialistes, cette mesure est une opportunité d’anticiper les goûts des consommateurs et de créer de nouvelles saveurs jusqu’ici impossibles à cause du respect des appellations.

Toutefois, certains viticulteurs craignent que la réglementation soit « la mort annoncée d’appellations d’origine contrôlée », donc « un risque pour les terroirs ». Ils pensent également que l’argument concernant les goûts du grand public fasse passer la qualité au second plan. Et cela risque d’entacher l’image globale des vins français, un patrimoine pourtant reconnu dans le monde entier.

Alors, comment vont s’étendre ces 8 000 hectares ? Comment les consommateurs vont-ils accueillir les VSIG ? Cette réforme étant maintenant en place, il ne reste plus qu’à patienter et voir si cette décision était une bonne idée…

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