07
Mai

Les travaux de la vigne en ce mois de mai

Le mois dernier, nous vous présentions toute une série de travaux qui nous occuperaient tout le mois d’avril et qui sont indispensables pour préparer la vigne à son nouveau cycle végétal. En mai, nous continuons bien entendu les activités amorcées :

  • Apres la fixation des lattes sur les fils (activité dite de calage) , un épamprage manuel est effectué pied par pied ( 40 000 !) au centre du cep alors qu’en bas, il s agit d éliminer les rejets inutiles et les rameaux qui se développent en anarchie
  • Le travail des sols continue par des activités de labourage, puis un décavaillonage. Ce dernier consiste à enlever l’herbe qui pousse entre les pieds de vigne. Il est effectué a l aide d une machine rotative hydraulique et finalisé à la main.

Ces opérations, importantes mais également fastidieuses, nécessiteront de très nombreuses heures de travail. Cette période est également celle des premiers traitements à la bouillie bordelaise.

La bouillie bordelaise ? Qu’est-ce que c’est ?

Un traitement efficace contre le mildou

La bouillie bordelaise est un traitement préventif de la vigne destiné à lutter contre de nombreuses maladies des vignes, notamment le mildou, un redoutable champignon parasite qui, s’il n’est pas maîtrisé, peut causer d’inestimables dommages aux récoltes. Mélange d’eau, de sulfate de cuivre et de chaux, elle a été utilisée pour protéger les vignobles du Médoc dès le XIXe siècle. A l’origine, les propriétés antifongiques de la bouillie bordelaise ont été découvertes un peu par hasard, alors qu’un château du sud-ouest avait pris l’habitude d’appliquer ce cocktail désagréable sur le plan gustatif sur ses raisins pour éviter que des villageois ne les volent. Il fut alors constaté qu’après l’application du produit, les vignes résistaient mieux à la pourriture, aux maladies et que la cicatrisation des branches après la taille se faisait plus rapidement.
C’est d’ailleurs grâce à cette origine qu’elle doit son nom de « bordelaise ».

Autorisé par l’agriculture biologique

Étant composée uniquement de matières végétales (contrairement aux matières « de synthèse » composée de produits chimiques), la bouillie bordelaise est un traitement de la vigne autorisé en agriculture biologique en France, à certaines limites cependant (pas plus de 6 kilos par hectare et par an). D’ailleurs, soucieux de préserver la qualité de notre sol, nous nous l’utilisons qu’à des doses bien inférieures à celles tolérées par la législation et nous utilisons un pulvérisateur afin de ne recouvrir que le végétal de cuivre et pas la terre.

travaux

 

Les contraites de la bouillie bordelaise

Une utilisation appropriée de la bouillie bordelaise est presque un art. Appliquée trop tôt ou trop tard, elle peut faire plus de tort que de bien à la vigne. Il est nécessaire de procéder de façon préventive, avant la formation du feuillage et de la floraison, de préférence par temps sec. Là réside toute la difficulté de travailler en agriculture biologique. Contrairement à l’agrochimie, qui peut s’appliquer n’importe quand et « protège » le végétal plus longuement, l’utilisation de bouillie bordelaise doit se faire intelligemment et de façon pertinente. Il suffit d’une petite averse pour annuler la couverture du traitement et compromettre ainsi la santé de la vigne et du sol…

 

Mais, comme nous l’avons déjà précisé dans un article précédent, le fait de travailler en agriculture biologique est un véritable engagement citoyen et, malgré une charge de travail plus lourde, des pertes plus importantes et un temps d’observation plus long, nous ne changerons pas notre manière de cultiver nos vignes de sitôt !

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